ONG DIKO

Sous l’égide de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) et en droite ligne avec la Stratégie Sahel Liptako-Gourma, la commune de Tibiri (Région de Dosso) se dote d’une structure locale de prévention des crises. Financée par le GCERF et exécutée par le consortium DIKO et Action Dév, cette initiative consacre le rôle pivot des communautés dans la co-construction d’une sécurité durable.

La bande sahélienne, et plus particulièrement l’espace transfrontalier du Liptako-Gourma, demeure confrontée à des défis sécuritaires et socio-économiques complexes. Face aux risques de fragilisation de la cohésion sociale, la réponse ne peut plus être uniquement militaire ou descendante. Elle doit s’enraciner au cœur même des municipalités, là où naissent et se résolvent les tensions de proximité.

C’est dans cette optique que s’inscrit le Projet REPER, mis en œuvre par le consortium de référence composé de DIKO et d’Action Dév. Financé par le Fonds mondial pour l’engagement de la communauté et la résilience (GCERF), ce programme franchit une étape institutionnelle majeure avec l’installation officielle du Comité Communal de Paix (CCP) de Tibiri par la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP).

La présence et l’onction de la HACP, institution rattachée à la Présidence de la République, témoignent de l’importance stratégique que revêt la mise en place de ces sentinelles locales de la paix pour l’État du Niger.

L’installation du CCP de Tibiri n’est pas un acte isolé ; elle est le couronnement d’un processus rigoureux de diagnostic communautaire. En amont de cette cérémonie, les équipes de terrain ont mené des consultations inclusives permettant de :

  1. Identifier avec précision les facteurs de risques : Qu’il s’agisse de conflits fonciers, de tensions liées à l’accès aux points d’eau entre agriculteurs et éleveurs, ou de la vulnérabilité des jeunes face aux discours extrémistes.

  2. Recenser les leaders d’influence positive : Repérer les femmes leaders, les chefs traditionnels, les représentants des jeunes et les leaders religieux reconnus pour leur intégrité et leur capacité d’écoute.

Désormais structuré, le Comité Communal de Paix s’érige en un espace neutre et inclusif, capable d’activer des mécanismes d’alerte précoce avant que les frustrations locales ne se transforment en crises ouvertes.

« On ne parachute pas la paix. Le Comité Communal de Paix de Tibiri est la preuve que la stabilité du Niger se bâtit commune par commune, en redonnant aux citoyens les leviers de la médiation et du dialogue intergénérationnel. »

Pour le consortium DIKO / Action Dév et leur bailleur, le GCERF, la durabilité de cette architecture locale repose sur la technicité de ses membres. C’est pourquoi la prochaine phase opérationnelle sera entièrement dédiée à un cycle de formation approfondie au profit des membres du CCP.

Ce programme de renforcement des capacités abordera des modules indispensables à la réussite de leur mission :

  • Les techniques de médiation et de négociation de crise : Apprendre à mener des arbitrages neutres et acceptés par toutes les parties prenantes.

  • Le suivi des indicateurs d’alerte précoce : Savoir collecter, analyser et faire remonter les signaux faibles d’insécurité vers les autorités départementales et régionales.

  • L’inclusion du genre et de la jeunesse : Garantir que les priorités des femmes et des jeunes soient systématiquement intégrées dans les pactes de paix locaux.

Pour le Gouvernement du Niger, la généralisation des Comités Communaux de Paix sous la supervision de la HACP est une priorité de souveraineté. Elle permet de mailler le territoire national de structures de gouvernance locale de la sécurité, capables d’agir en synergie avec les forces de défense et de sécurité et les préfets.

Pour le GCERF et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF), le Projet REPER coche toutes les cases de l’efficience humanitaire : une forte appropriation communautaire, un alignement strict sur les politiques publiques de l’État, et une gestion axée sur les résultats.

L’installation officielle du Comité Communal de Paix de Tibiri rappelle une vérité fondamentale du développement : il ne peut y avoir de progrès économique ou social sans une sécurité stable. En outillant les communautés de Dosso pour qu’elles gèrent elles-mêmes leurs dynamiques de paix, DIKO, Action Dév et le GCERF ne font pas que prévenir les risques de radicalisation ; ils posent les jalons d’un Niger prospère, uni et résilient.

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