ONG DIKO

Sous le haut parrainage de la Professeure Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, Ministre de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale, Niamey a abrité une rencontre nationale de plaidoyer de premier plan. Initiée par DIKO en partenariat avec Asamblea de Cooperación Por la Paz (ACPP) et financée par l’AECID, cette initiative consacre le rôle stratégique des femmes médiatrices dans la prévention et la résolution des conflits ruraux au Niger.

Dans les zones rurales du Niger, les tensions liées à l’accès aux ressources naturelles — notamment foncières et hydrauliques — ainsi que les fragilités sécuritaires locales affectent directement la cohésion sociale. Historiquement, les femmes ont toujours joué un rôle informel de régulation et d’apaisement au sein des communautés. Cependant, leurs voix demeurent encore trop souvent marginalisées au moment de formaliser les accords de paix ou de siéger dans les instances officielles de décision.

Pour faire sauter ces verrous socioculturels et institutionnels, DIKO et son partenaire stratégique Asamblea de Cooperación Por la Paz (ACPP) ont réuni à Niamey les figures majeures de la médiation communautaire venues des régions les plus exposées aux défis sécuritaires et fonciers : Maradi, Diffa, Tillabéri et le département de Say.

Soutenue par l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID), cette rencontre a permis de transformer des pratiques locales éparses en une stratégie nationale de plaidoyer cohérente.

La participation effective et le parrainage de la Professeure Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, Ministre de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale, confèrent à cet événement une portée institutionnelle majeure.

Ce soutien au plus haut sommet de l’État témoigne de la volonté du Gouvernement du Niger de faire de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité » (Résolution 1325 des Nations Unies) une réalité opérationnelle, ancrée dans les spécificités des terroirs nigériens. La présence du Ministère garantit la prise en compte des recommandations formulées par les médiatrices dans les politiques publiques de protection sociale et de consolidation de la paix.

Les délibérations entre les déléguées venues de Diffa, Tillabéri, Maradi et Say ont donné lieu à des partages d’expériences d’une richesse inédite. De la gestion des différends transfrontaliers à la prévention des tensions entre agriculteurs et éleveurs, les femmes médiatrices ont démontré leur maîtrise fine de la sociologie locale et des mécanismes d’alerte précoce.

Le temps fort de cette rencontre a été l’élaboration participative d’une feuille de route nationale. Cet outil d’ingénierie sociale vise à :

  1. Institutionaliser le statut des femmes médiatrices : Offrir un cadre juridique et communautaire protégeant et reconnaissant officiellement leur rôle dans les comités locaux de paix.

  2. Renforcer les capacités opérationnelles : Dotérer les réseaux de médiatrices d’outils modernes d’analyse de conflits et de communication de crise.

  3. Créer un réseau d’interconnexion régional : Faciliter le partage d’informations en temps réel entre les médiatrices de Tillabéri, Say, Maradi et Diffa pour prévenir les contagions de crises.

  4. Mener un plaidoyer continu auprès des décideurs : Garantir une quota représentatif de femmes dans toutes les instances locales, régionales et nationales de prévention des conflits.

« Les femmes ne sont pas de simples spectatrices des crises rurales ; elles en détiennent les clés de résolution. Reconnaître et outiller la femme médiatrice, c’est investir dans la forme la plus solide et la plus durable de cohésion sociale au Niger. »

Pour la Coopération Espagnole (AECID) et l’ACPP, ce projet illustre une alliance réussie axée sur l’efficacité de l’aide et la localisation. En soutenant financièrement et techniquement DIKO, la coopération espagnole investit dans des compétences nationales durables capables de faire évoluer les mentalités et d’instaurer une paix endogène.

À travers cette rencontre nationale de plaidoyer, l’ONG DIKO, l’ACPP et l’AECID apportent une pierre décisive à l’édifice de la paix au Niger. En plaçant les femmes médiatrices de Maradi, Diffa, Tillabéri et Say au cœur de la résolution des conflits ruraux, cette initiative prouve que la stabilité du Sahel passe impérativement par l’inclusion, la dignité et le leadership des femmes. L’ONG DIKO réaffirme sa détermination à faire vivre cette feuille de route sur le terrain, pour que chaque communauté rurale devienne un havre de paix et de développement partagé.

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